Prédication du Dimanche 24 Janvier 2001, Pasteur Dominique MOUROT


« Il exerce mes mains au combat ! »

Lectures : « Le Psaume du guerrier » Psaume 144, 1 et 2 puis 5 à 7/ 2 Rois 13, 14 à 19

Introduction :
Rappel de dimanche dernier. Pascal nous a rappelé l’importance, dans le combat qui ne manquera jamais d’arriver, du soutien fraternel. Même Moïse en a eu besoin et a apprécié le soutien d’Aaron et Hur pour tenir toute une journée dans l’intercession en faveur du peuple de Dieu qui menait le combat contre Amalek.

Je travaillais cette semaine sur un devoir donné à mes étudiants de l’ITB et préparais le corrigé. Le sujet était : « Le combat spirituel dans le livre des Actes des Apôtres » (voir doc annexe 1 pour le détail des questions posées). J’écoutais en même temps la prédication de dimanche dernier…
Je vous propose donc de continuer sur le même thème et de nous laisser enseigner par le Seigneur l’art de la guerre spirituelle.

Lectures très utiles pour aborder ce sujet :
Dans l’A.T : Psaume 27, 1 à 3 Esaïe 59,19
Dans le N.T : Ephésiens 6,10 à 18/ 2 Corinthiens 6,7 2 Corinthiens 2,11 et 14
2 Corinthiens 10, 4 et 5

Un appel aux personnes déjà exercées au combat :
Apprenez aux jeunes à combattre. Et vous les jeunes apprenez de vos aînés l’art de la guerre spirituelle. Mettez vos mains sur les mains des plus jeunes et transmettez leur comment on lance des flèches contre l’ennemi. Rendons nous service mutuellement. On met les mains « sous » (c’était le message de dimanche dernier) et on met aussi les mains « sur » (c’est le message d’aujourd’hui !)
C’est ce que nous relate le texte de 2 Rois 13, 14 à 19 lu en introduction.

Quelques bonnes flèches à lancer : (5 ou 6 pour suivre le conseil d’Elisée à Joas)

1. La flèche du discernement : « Nous n’ignorons pas ses desseins (ceux du diable)» 2 Cor 2,11 (Voir doc annexe 2 : Connaissez votre ennemi ! ») Connaître son ennemi. Il est triple : Le diable, le monde et nous-mêmes (notre vieille nature). Combien il est important d’exercer le discernement des esprits (1 Cor 12,10) dans cette guerre spirituelle. Du temps de Néhémie, « quand nos ennemis apprirent que nous étions avertis, Dieu anéantit leur projet ! » (Néhémie 4,15) Par quels moyens Satan s’oppose-t-il à la propagation de l’Evangile ? (cf. doc annexe 1)

2. La foi au Christ et à ce qu’il a accompli à la croix :(cf. doc annexe 1 b.)

3. La vie de l’Esprit : Esaïe 59,19 (cf. doc annexe 1 c.)

4. L’esprit de conquête : Nous sommes trop souvent sur la défensive, préoccupés de conserver les acquis plutôt que de conquérir de nouveaux territoires. (cf. doc annexe 3)
Franchissez le torrent, déclarez la guerre !

5. La parole de votre témoignage : Apocalypse 12,11 Vous avez un témoignage à donner, il est le vôtre, il est unique. Si vous vous taisez, les pierres vont crier …. Dieu veut entendre votre témoignage, il s’en servira pour abattre l’ennemi. Toutes les victoires spirituelles ont été précédées des bonnes paroles prononcées par ceux qui menaient le combat.

6. La persévérance : C’est des fois la dernière flèche qui fait mouche. On en a déjà utilisé 5, prenez encore la 6ème …. La persévérance. Même Jésus a dû combattre le diable à plusieurs reprises. Il revient par la fenêtre quand vous le mettez à la porte ! « Par votre persévérance, vous sauverez vos âmes. » Luc 21,19 Nous sommes de ceux qui « par la persévérance héritent des promesses. » Hébreux 6,12 « Si nous persévérons, nous règnerons avec Lui. » 2 Timothée 2,12 « Persévérez dans la prière. » Romains 12,12

Conclusion :
Votre carquois est vide ? Venez le remplir ! Le magasin de Dieu en est rempli !



_________________________________________________________________________________
Complément :

Le combat spirituel dans le livre des Actes des Apôtres

1. Par quels moyens Satan s’oppose-t-il à la propagation de l’Evangile ?
    Quel rôle jouent, dans les Actes, l’action des mauvais esprits, les faux miracles, l’ivraie semée parmi le bon grain ?
    Quelles formes la persécution peut-elle prendre ?
2. De quels instruments l’adversaire se sert-il ?
3. Comment les croyants peuvent-ils triompher de ses attaques ?


Corrigé :
Les chrétiens n’ont pas à lutter contre la chair et le sang, déclare Paul aux Ephésiens (6,12) mais contre le prince des ténèbres, qui s’efforce de résister à toute offensive de Dieu. N’ayant pas réussi à vaincre le Christ, il combat maintenant l’église de toutes ses forces.
1. Par quels moyens Satan s’oppose-t-il à la propagation de l’Evangile ?

a. Par l’action des mauvais esprits :

Les Actes, comme les évangiles, citent un grand nombre de possessions démoniaques, par lesquelles l’ennemi cherche à semer le trouble et à éloigner les âmes du salut. Pierre dit à Ananias : « Pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit ? » (5,3) On amenait des gens tourmentés par des esprits impurs, et tous étaient guéris (5,16). A Samarie, puis à Ephèse, chassés par Philippe et par Paul, des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques en poussant de grands cris (8,7 et 19,12). Des exorcistes non-croyants voulurent s’attaquer à un mauvais esprit, au nom du Christ prêché par Paul. L’esprit répondit : « Je connais Jésus et je sais qui est Paul ; mais vous qui êtes vous ? » Et le démoniaque s’élança sur eux, les maltraita et les blessa. (19,13 à 16) Cette action des mauvais esprits, bien que moins visible dans nos pays occidentaux, se voit très souvent sur nos champs missionnaires. Ne donnons jamais accès au diable car il est facile de voir à quoi peuvent être entraînés ceux qui se livrent entièrement à lui.

b. Par de faux miracles :

Satan s’efforce de jeter la confusion dans les esprits par des manifestations surnaturelles qui imitent les miracles produits par Dieu : Simon (le magicien) exerçait la magie et tenait dans l’étonnement la population de Samarie, qui croyait avoir à faire à la puissance de Dieu (8,9 à 11)
A Philippes, une servante possédée d’un esprit de python procurait en devinant, un grand profit à ses maîtres (16,16)
De même aujourd’hui, les spirites et d’autres mouvements pernicieux possèdent un certain pouvoir surnaturel, opèrent quelques guérisons et prétendent prédire l’avenir. Rappelons-nous que Jésus a dit : « il s’élèvera de faux Christ et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. » Matthieu 24,24
Gardons-nous en comme du feu!

c. Par des persécutions :

Le diable est meurtrier et menteur dès le commencement. Il poursuit de sa haine les croyants comme il l’a fait pour le Christ. Jésus disait à ceux qui l’arrêtait : « C’est ici votre heure et la puissance des ténèbres. » Luc 22,53 De même nous voyons dans les Actes l’adversaire chercher partout à susciter des persécutions contre l’église. Les moyens qu’il emploie dans ce but sont extrêmement variés et gradués. Ce sont par exemple :
- Les discussions malintentionnées (6,9)
- Les calomnies, telles qu’en eut à subir Etienne (6,11 à 14)
- L’opposition, comme celle d’Elymas, qui cherchait à détourner de la foi le proconsul (13,8)
- Les moqueries, que l’ennemi emploie dans un milieu intellectuel comme Athènes où d’autres moyens auraient eupeu de chance de réussir (17,32)
- Les injures, dont Paul a été si souvent abreuvé (13,45)
- L’intimidation, par laquelle on espère fermer la bouche des témoins du Christ (4,17 et 18)
- Les coups, qui sont les arguments de ceux qui n’en ont pas. (5,40)
- Les émeutes, habilement provoquées et très utiles pour fournir un prétexte de sévir contre les chrétiens. (17, 5 et 13)
- La prison, dont les adversaires de l’évangile aiment à user pour mettre fin à l’activité des trop zélés serviteurs de Dieu (24,27)
- La mort, que subit Etienne et des centaines de milliers d’autres après lui (7,58)
Toutes ces persécutions peuvent provenir de plusieurs mobiles apparents : la jalousie et la haine des juifs (4,2 et 7,54) ; le fanatisme religieux de Saul (9,1) ; l’esprit sanguinaire d’Hérode, et en même temps son désir de cultiver sa popularité (12,1 à 3) ; l’amour du gain, les préjugés et l’idolâtrie des païens d’Ephèse (19, 26 et 27). Mais l’instigateur en est toujours l’ennemi des âmes. Il rôde autour de nous comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera ; veillons donc et soyons prêts à tout. D’ailleurs Paul déclare que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ seront persécutés » (2 Timothée 3,12) Si nous n’avons pas rencontré d’opposition, serait-ce que nous n’avons pas vécu assez pieusement ?
d. L’ennemi agit aussi par l’ivraie semée au milieu du bon grain :
L’Eglise est à peine fondée que Satan y introduit ses créatures, Ananias et Saphira, dont il a rempli le cœur (5,3) Simon le magicien est lui aussi un « fils du malin » qui voudrait immédiatement commencer le trafic des choses saintes (8,18 à 23) Paul annonce de son côté aux anciens d’Ephèse : « Je sais qu’il s’introduira parmi vous… des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera de milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc ! » (20, 29 à 31)
D’autres fois, la mauvaise semence ce sont les murmures (à propos des distributions aux pauvres 6,1), des discussions (au sujet de l’observation de la loi, 15,2), des séparations (à cause d’une question de personne, 15,39), qui menacent de troubler la paix et d’entraver le témoignage chrétien.
Combien souvent, hélas, nous avons vu de la même manière l’ivraie s’implanter dans nos milieux autrefois les plus pieux, et y étouffer la vie spirituelle ainsi que l’esprit de conquête ! Il faut que nous apprenions à la discerner et à nous en préserver soigneusement.

2. De quels instruments l’adversaire se sert-il ?

a. Des faux-croyants :
En tout premier lieu ! Ce sont les chefs religieux qui font emprisonner Pierre et Jean et lapider Etienne (ch. 4-5-7) Saul, le farouche observateur de la loi, ne respire que la menace et le meurtre (9,1) A Antioche de Pisidie, ce sont les juifs et les femmes dévotes qui se liguent contre Paul (13,50) Il en a malheureusement toujours été ainsi au cours des siècles, et c’est au nom de la religion qu’on a fait des milliers et des milliers de martyrs.
b. Du pouvoir temporel :
De sa propre initiative, Hérode fait périr Jacques, puis voyant que cela était agréable aux juifs, il fait encore arrêter Pierre (12,1 à 3) Ailleurs, ce sont les magistrats et les gouverneurs romains, poussés par les ennemis de l’évangile, qui deviennent les instruments de la persécution. C’est ainsi que Félix garde injustement Paul en prison à Césarée (24,27) Constamment cela s’est reproduit dans l’histoire.
c. Satan se sert aussi de ceux que l’Evangile menace dans leurs gains illégitimes : Les maîtres de la pythonisse guérie par Paul, voyant disparaitre l’espoir de leur gain, s’acharnent contre lui (16,19) Démétrius et ses ouvriers, exploiteurs de la crédulité et de l’idolâtrie publiques, voient que par la prédication de l’apôtre, leur industrie risque de tomber en discrédit. Ils suscitent alors une émeute, dont les suites auraient pu être graves (19, 24 à 28) Ceci est encore très actuel. Ceux qui tirent leur profit de la superstition ou de la débauche auxquelles ils entrainent les autres, ne craignent rien autant que la libre diffusion de la Parole de Dieu. Car le Christ sauveur affranchit de toutes ces choses et ruine en même temps le commerce qu’on en fait ! Puissions-nous être des libérateurs de nos semblables, et de ne redouter aucunement les réactions très humaines que provoque notre message.
d. L’ennemi, enfin, sait utiliser la foule ignorante :
Un cas typique nous est fourni par la foule de Lystre (14,18 et 19) : enthousiasmée par le miracle de Paul, elle veut lui offrir un sacrifice. Au verset suivant, fanatisée par les juifs, elle le lapide. La foule, encore, se soulève contre Paul et Silas à Philippes(16,22) A Ephèse, elle donne lors de l’émeute suscitée par Démétrius, la mesure de son aveuglement : tous étaient furieux et auraient déchiré Paul, s’il s’était montré, mais la plupart ne savaient ni pourquoi ils étaient assemblés, ni pourquoi ils criaient (19,32) Quelqu’un a dit que, réunis en foule, les hommes additionnent seulement leurs défauts , mais non leurs qualités. Si Pierre lui-même a pu s’entendre dire : « Arrière de moi Satan ! », combien plus une masse d’hommes incrédules ne deviendra-t-elle le jouet de l’adversaire. C’est pourquoi, ne nous étonnons de rien et si nous voulons que les foules apprennent à réagir sainement en face de l’Evangile (comme dans tous les domaines de la vie publique et privée), travaillons à les libérer de la puissance des ténèbres pour les amener à Jésus-Christ.

3. Comment les croyants peuvent-ils triompher des attaques de l’ennemi ?

Si fort qu’il soit, Satan ne doit pas nous effrayer. A la croix, Jésus-Christ l’a vaincu (Colossiens 2,15) Le livre des Actes nous montrent que, malgré tant de résistance, les premiers disciples ont remporté la victoire sur toute la ligne. Pour suivre leur trace que devons-nous faire ?
a. Les croyants doivent posséder l’esprit de discernement :
Puisque l’ennemi est virtuellement vaincu, ce n’est pas sa puissance qui est redoutable, c’est sa ruse ! Il se déguise en ange de lumière et cherche à nous séparer du Seigneur, qui nous garde de ses assauts. Il faut donc que nous sachions discerner immédiatement ce qui vient de lui. Pierre, en face d’Ananias et Saphira, se rendit aussitôt compte des motifs qui inspiraient leur fausse générosité, et leur déclara qu’ils avaient laissé Satan remplir leur cœur. (5,3) Il démasqua de même l’avarice hypocrite de Simon le magicien (8,20 à 23) Paul, voyant qu’Elymas faisait de l’opposition à son message, n’hésita pas à lui dire : « Homme plein de toutes espèces de ruse et de fraude, fils du diable… ne cesseras-tu point de pervertir les voies du Seigneur ? » (13,10) Enfin, le même apôtre ne se laissa point tromper par le témoignage excellent rendu à l’Evangile par la pythonisse. Il chassa sans ménagement le mauvais esprit dont elle était possédée. (16,16 à 18) Nous vivons dans une époque où l’esprit de discernement est plus nécessaire que jamais, et dans laquelle même les élus risquent d’être séduits. Si nous ne sommes pas capables de reconnaître ce qui, dans un individu, un enseignement ou un mouvement, vient de l’adversaire, nous sommes menacés d’être entrainés avec le monde. Mais le Seigneur a promis à ceux qui croient de les conduire dans toute la lumière et toute la vérité.

b. La foi au Christ met en déroute l’adversaire :

Le nom du Sauveur est tout-puissant pour chasser les mauvais esprits. Paul dit à celui de la pythonisse : « Je t’ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir d’elle. » Et il sortit à l’heure même. (16,18) En parlant des attaques de l’ennemi, Jean dit aux saints de l’Apocalypse : « ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau (l’œuvre de la croix) et de la parole de leur témoignage. » (12,11) Nous aussi, si nous nous réfugions en Christ, mort et ressuscité pour nous, nous serons à l’abri de tout danger. Car qui a triomphé du monde et de son prince sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? (1 Jean 5,5)

c. L’esprit qui est en nous est plus fort que celui qui est dans le monde : (1 Jean 4,4) Les adversaires d’Etienne ne pouvaient résister à sa sagesse ni à l’esprit par lequel il parlait. (6,10) Si le même esprit nous remplit, il pourra manifester en tous lieux et en toutes circonstances la victoire de Christ.

CONCLUSION :
Nous sommes des soldats engagés dans la plus terrible des guerres. Nous devons être avertis, veiller sans cesse, et savoir discerner l’ennemi. Les coups et les assauts ne doivent aucunement nous surprendre. Mais quel bonheur pour nous de savoir que la victoire est à notre Chef. Nous possédons l’armure invincible et le bouclier de la foi, avec lequel nous pouvons éteindre tous les traits enflammés du malin. Plus que cela, nous avons deux armes offensives : l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu, et la prière. Par elles nous pouvons conquérir du terrain et gagner des âmes, en les faisant passer, selon la parole de Jésus à Paul, de la puissance de Satan à Dieu (26,18) Dans cette guerre, que sommes-nous ? Des vaincus ou des vainqueurs ? Cela dépend de la mesure de notre foi. 


RETOUR AUX PREDICATIONS